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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 01:43


On ne dira pas que j'étais (suis) un fan de Leonard Cohen, simplement parce que je n'aime pas trop ce mot et ce qu'il peut porter d'excessif. Mais un fervent admirateur, alors là oui, et de longue date. Du coup, son décès (7 novembre 2016) fut pour moi un véritable choc - et je sais que quelques-uns de mes amis proches ont éprouvé la même chose.
En quelque sorte, c'est une partie de moi qui s'en est allée. (Pourtant, j'ai vérifié, mon poids n'a pas bougé.)
C'est que les écrits et surtout les chansons de Cohen ont accompagné et embelli ma petite existence depuis quelque 45 ans ; et ça continuera, même si provisoirement je m'abstiens de l'écouter : ça me ferait plus de mal que de bien.
Tout ça pour dire que je tenais à faire figurer dans ce blog quelque chose en hommage à Cohen, mais que ça s'est avéré difficile. Je pondrai sans doute, plus tard, un texte plus consistant et plus personnel.
En attendant, j'ai préféré opter pour un truc court, une sorte de poème, basé sur un procédé qui ne m'engageait pas trop, émotionnellement : je n'ai pas besoin de le préciser à ceux qui connaissent bien le répertoire de Cohen, ce qui suit est essentiellement un condensé de citations de ses chansons (les traductions sont de moi, donc s'il y a des maladresses, je les assume), avec très peu de mots de moi, la seule difficulté finalement ayant été d'articuler le tout pour que ça ait un minimum de cohérence.
Ah, faut que je dise encore qu'il y a ailleurs dans ce blog des photos prises lors de deux concerts de Cohen (Gand en 2012, Anvers en 2013), qu'on trouvera à ces pages : ici, puis ici, puis , et enfin .
Bises à toi
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Hineni a-t-il dit
 

Leonard ne respire plus
Une fissure dans la Tour
Vient de se refermer
Il n'y a pas de remède à ça

L'homme de l'an passé
Ce sale flemmard en costard
L'amant le boxeur l'associé le chauffeur
Le docteur qui rédige pour lui-même une ordonnance
L'homme qui quitte la table

Hineni hineni a-t-il dit
De sa voix d'or
Et Leonard ne respire plus
C'est pour moitié sa faute
Pour moitié celle des circonstances

Constatant que
L'amour véritable ne laisse pas de traces
Et que
Je t'aimerai à jamais

Leonard ne respire plus
Un chanteur doit mourir
Tout le monde le sait

Il nous reste
La feuille qui dans sa chute
Se repose un instant sur l'air
Une rose qui parle puis fane
Sur son échelle d'épines

Le cygne sur la rivière anglaise
Le rossignol et son chant disparus
L'aigle ou était-ce un vautour
La colombe qui n'est jamais libre
L'oiseau sur le fil

La jument qui s'est enfuie
La bête qui ne trouvera pas le sommeil

Il nous reste
Les Soeurs de la Miséricorde
Dix jolies femmes à Vienne
Un ivrogne chantant à l'office de minuit
Un grenier où jouent des enfants
Du thé et des oranges

Et tout ce qu'il m'est impossible d'oublier
Mais dont je ne me souviens pas

L'addition des parties qui ne fait pas la totalité
Les lettres celles que nous n'avons pas brûlées
Le capitaine dont le bateau n'a pas été construit
Le vent dans les arbres une berceuse
Le monde est doux le monde est vaste

Tu le veux plus sombre
Est-ce ce que tu voulais
Être la douve au pied de la Tour

Il nous reste
Un banjo brisé ballotté au large par les vagues
À cause de quelques chansons

Leonard ne respire plus
Et personne ne sait où la nuit s'en va
Libre comme l'eau qui coule
De passage de passage

Il a vu le futur
Une avalanche a submergé son âme
Il est allé si loin dans sa quête de la beauté
Il a attendu nuit et jour la survenue du miracle

Et la nuit vint tout était très paisible
Hineni hineni a-t-il dit

Pierre-René
 


© Pierre-René Legrand
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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 16:16
Ma grand-mère disait

Bon, ce texte n'est en réalité pas de ma grand-mère, mais c'est l'occasion de dire : "Qu'est-ce que je l'aimais bien, ma Mémé"...

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Ma grand-mère disait

 

Méfie-toi des pisse-froid
Comme de la chaude-pisse
De ceux qui font du marché noir
Comme de ceux qui blanchissent l'argent
De celles qui ne se lavent pas avant
Comme de ceux qui ont trop d'amour-propre
Méfie-toi des gens du milieu
Comme des bassesses des gens de la haute
Des hommes à chapeaux claques
Comme des femmes à culottes bouffantes
Des dandins en haut-de-forme
Comme des dondons en bas de soie
Méfie-toi des va-nu-pieds
Comme des fils de cordonniers
Des grosses légumes
Comme de ceux qui font des salades
Mais pas de ma pomme
Car je suis une bonne poire


© Pierre-René Legrand

Ma grand-mère disait

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 17:38

PRLcubistBises à toi. (Et brises aussi.) (Quand j'étais encore plus jeune que maintenant, je m'étonnais toujours de ce qu'en matière de vents (si j'ose dire), la bise soit plus violente que la brise ; histoire de sonorités et d'homonymies probablement.)


 

On ne sait que vend vent, qui frémir les fées fait
Et vous donne à vivre ivre, bien mieux que tout vain vin,
Vous rend pour deux sous soûl et est en soi un soin,
Qu'on entend tant tentant, coquin d'air exquis qui
Le long des murs murmure, fifre qu'un lutin tint,
Ou un flageolet laid (tout ce qu'on aime meut).
Tempêtant tantôt tôt, tantôt en pétard tard,
Vent, alizés ailés, zélés zéphirs, zinzins
Farfadets des tam-tams, là zinzinulant lents,
Et poulpiquets piqués, kérions aussi zozos,
Vent, vengeur chant de l'heur ; voleurs, l'heure est leur leurre.
Si tu ne courant rends, chacun respire pire.
On ne sait que vend vent, le temps n'est argent, gens,
Il n'est que gracieux cieux et providentiels ciels :
Ce faux procès cessez, lui n'est que parfum fin.

© Pierre-René Legrand


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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 17:14

PRLcubistIl y a déjà bien longtemps (cette phrase commence un peu comme un conte de fées, non ?) j’ai composé un recueil intitulé 101 petits tests pour rien, qu’aucun éditeur ne m’a refusé, pour cette raison que je ne l’ai soumis à aucun membre de cette étrange corporation de commerçants. Comme son titre selon moi le suggère assez bien, ce recueil rassemblait un tout petit peu plus de cent tests, chacun constitué de trois propositions parmi lesquelles on pouvait ou non faire un choix, l’ensemble étant destiné à ne rien révéler du tout quant à la psychologie, l’intelligence, la sociabilité, les tendances sexuelles, ou quoi que ce fût d’autre, du lecteur – c’est en ce sens que, modestement, je trouvais ce concept très novateur. Plutôt que de te livrer des extraits du recueil en question, je viens de te pondre les dix nouveaux Petits tests pour rien que voici.
Bises à toi.


 

D’un point de vue purement scientifique, une de ces assertions est-elle selon vous recevable ?

- Le temps passe de plus en plus vite.

- Bof, vous savez, je fais ça pour tuer le temps.

- On ne voit pas le temps passer.

 

Vous n’avez jamais sérieusement pratiqué le yoga, et vous n’êtes pas un artiste de cirque. Pourtant, avez-vous déjà prononcé une ou plusieurs de ces phrases :

- j’ai mangé sur le pouce ?

- excusez-moi, je dors debout aujourd’hui ?

- j’ai vraiment la tête dans le cul ce matin ?

 

Vous êtes en position de manipuler les consciences des citoyens d’un pays ; pour que ceux-ci pensent à autre chose que leurs propres problèmes, vous optez pour :

- neuf mois d’informations alarmistes sur la grippe aviaire asiatique ?

- six mois de révélations sur les frasques sexuelles d’un directeur général du FMI ?

- trois mois de tapage chauviniste à propos d’une compétition internationale de football ?

 

Pensez-vous que vous êtes parfois peut-être un peu indécis ?

- Oui.

- Non.

- Ne se prononce pas.

 

Trouvez-vous déplacé :

- qu’il y ait une pendule dans des chiottes ?

- qu’il y ait une caméra de surveillance dans un isoloir ?

- qu’il n’y ait pas de livre d’or dans une cabine d’essayage ?

 

Vous trouvez les hippies franchement ridicules parce que :

- ils prétendent que la guerre c’est pas joli joli ?

- ils sont beaux ?

- vous en avez été un(e), et n’avez pas réussi à le rester ?

 

Quelle est votre couleur préférée ?

- Vert jade comme la mer à certaines heures de certains jours, face au Cap Gris-Nez.

- Brun mordoré comme la mer à certaines heures de certains jours, face au Cap Gris-Nez.

- Bleu pétrole comme la mer à certaines heures de certains jours, face au Cap Gris-Nez.

 

En tant que membre de l’espèce humaine, vous estimez-vous fondé à exprimer une des opinions suivantes ?

- Les gens sont vraiment tous des cons.

- Mais qu’est-ce que tous ces tarés sont venus faire ici ?

- On est chez nous.

 

Vous venez d’atteindre l’âge de cinquante ans. Le plus beau cadeau qu’on puisse vous faire pour cette occasion serait :

- un livre sur les erreurs de calcul célèbres ?

- une invitation pour une coloscopie gratuite ?

- une visite surprise de votre arrière-grand-mère ?

 

Laquelle de ces suites de mots vous semble la plus inepte et/ou superflue ?

- Oui, alors voilà, je vous téléphone pour vous dire que […]

- Allô, c’est moi.

- Bonsoir, j’espère que je ne vous dérange pas à une heure pareille.


© Pierre-René Legrand


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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 13:33

PRLcubistUn truc que je viens de retrouver dans un vieux carnet, mais que j'ai écrit pas plus tard que ce matin - ben oui, on a le droit d'écrire dans des vieux carnets, non ?



C'est vrai qu'elle est moche et qu'elle pue
Qu'elle coûte cher et encombre le garage
Qu'elle pollue et fait un boucan d'enfer
Qu'elle est un désastre pour la biodiversité
Que s'en servir est une corvée
Et qu'en fait on aurait mieux à faire
Que piétiner derrière elle comme un con
En emmerdant tout le quartier
MAIS elle a fait faire beaucoup de progrès
À la chirurgie urgentiste des doigts

© Pierre-René Legrand


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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 12:04

PRLcubistMorning has broken est une de ces quatre ou cinq chansons que souvent je fredonne, spontanément. C'est Cat Stevens qui l'a rendue célèbre en 1971, ce qui est expliqué ici - où l'on apprend également qu'il s'agit d'un hymne chrétien écrit en 1931 par Eleanor Farjeon, poétesse anglaise, et donc pas du tout par Cat Stevens 40 ans plus tard.
Tu trouveras une bonne et belle traduction/adaptation de cette chanson ici (site tout à fait recommandable).


 

Il y a quelques années je me me suis amusé à soumettre les paroles de Morning has broken à un traducteur automatique sur la toile.
Le point de départ est donc ceci :

Cat Stevens - Morning Has Broken Lyrics

Morning has broken, like the first morning
Blackbird has spoken, like the first bird
Praise for the singing, praise for the morning
Praise for the springing fresh from the world

Sweet the rain's new fall, sunlit from heaven
Like the first dewfall, on the first grass
Praise for the sweetness of the wet garden
Sprung in completeness where his feet pass

Mine is the sunlight, mine is the morning
Born of the one light, eden saw play
Praise with elation, praise every morning
God's recreation of the new day
--------------------

Voici la traduction française que m'a livrée le site :

Le matin a le lyrique cassé (chat Stevens)

Chat Stevens - le matin a le lyrique cassé

Le matin s'est cassé, comme le premier matin
Le merle a parlé, comme le premier oiseau
Éloge pour le chant, éloge pour le matin
Éloge pour jaillir frais du monde

Bonbon la nouvelle chute de la pluie, sunlit de ciel
Comme le premier dewfall, sur la première herbe
Éloge pour la douceur du jardin humide
Jailli dans la perfection où ses pieds passent

La mienne est la lumière du soleil, mine est le matin
Soutenu de l'une lumière, Éden a vu le jeu
L'éloge avec l'exaltation, félicitent chaque matin
La récréation de Dieu du nouveau jour
--------------------

Chat04ansLe Chat Grisou (dessiné par moi-même, à l'âge de 4 ans)
--------------------

Il y avait déjà quelques jolies perles dans ce premier collier désopilant (Bonbon la nouvelle chute de la pluie notamment me laissait sur le cul).
Je confiai alors la version française obtenue à un autre traducteur automatique en ligne, pour revenir à l'anglais ; ce qui donna ceci :

The morning has the broken operatic works(lyric poet) (cat Steven)

Cat Steven - the morning has the hoarse operatic works(lyric poet)

The morning broke itself, as first morning
The blackbird spoke, as the first bird
Eulogy for the singing(song), the eulogy for morning about
Eulogy to spring freshly from the world

Candy the new fall of the rain, sunlit of sky
As the dewfall first one, on the first herb
Eulogy for the sweetness of the wet garden
Sprung in the perfection where his(her,its) feet pass

Mine is the sunlight, appearance(mine) is the
Steady morning of the one light, Eden saw the game(set,play)
The eulogy with the ecstasy, congratulate every morning
God's recreation of the new day
--------------------

L'apparition des parenthèses était prometteuse. Je n'allais pas en rester là ! Nouveau recours à un site de traduction en ligne, pour un retour au français :

Le matin a le poèt works (lyric d'opéra cassé) (chat Steven)

Chat Steven - le matin a le poèt works (lyric d'opéra rauque)

Le matin s'est cassé, comme d'abord matin
Le merle a parlé, comme premier
éloge d'oiseau pour le singing(song), l'éloge pour le matin au sujet de
l'éloge au ressort fraîchement du monde

Sucrerie la nouvelle chute de la pluie, sunlit de cie
Comme dewfall premier, sur le premier éloge d'herbe
Pour la douceur du jardin humide
jailli dans la perfection où le his(her, pieds d'its) passent

La mienne est la lumière du soleil,
appearance(mine) est le matin régulier de l'une lumière, scie d'Éden le game(set, play)
l'éloge avec l'extase, félicite chaque récréation du matin
God's du nouveau jour
--------------------

Chat19ans

Le Chat blanc (dessiné par ton serviteur, à l'âge de 19 ans)
--------------------

Un splendide massacre, non ? Évidemment, j'ai remis ça. Nouvelle traduction vers l'anglais :

In the morning has the poèt works (lyric opera broken) (cat Steven)

Cat Steven - in the morning has the poèt works(lyric opera hoarse)

In the morning broke, as first morning
The blackbird spoke, as first bird
praise for the singing(song)
(singing(song)) singing(song), the praise for in the morning on the subject of the praise to the spring fresh of the world

Sugar refinery the new fall of rain, sunlit of cie
As first dewfall, on the first grass praise
For the softness of the humid garden
gushed in the perfection where the his(her, its feet) pass

Mine is the light of the sun,
appearance(mine) (mines) appearance(mine) is in the morning uniform of the a light, saws Eden the game(set, play)
the praise with the ecstasy, congratulates every recreation in the morning
God's of the new day
--------------------

Et hop, retour au français (?) via un dernier robot traducteur :

Le matin a les travaux de poèt (l'opéra lyrique cassé(violé)) (le chat Steven)

Cat Steven - a le matin les travaux de poèt (l'opéra lyrique rauque)

Le matin s'est cassé, comme le premier matin
le merle a parlé, comme la première éloge d'oiseau pour le chantant (la chanson) (chantant (la chanson)) le chant (de la chanson),
l'éloge pour le matin sur le sujet de
l'éloge au printemps frais du monde

Raffinerie de sucre la nouvelle chute de pluie, ensoleillée de cie
Comme d'abord dewfall, sur la première éloge d'herbe
Pour la douceur du jardin humide
a jailli dans la perfection où le son (elle, ses pieds) passent

Le mien est la lumière du soleil,
l'apparition(apparence) (le mien) (des mines) l'apparition(apparence) (le mien) est le matin l'uniforme d'une lumière, voit l'Eden le jeu (le jeu, le jeu(la pièce))
l'éloge avec l'extase, félicite chaque récréation le matin
Dieu du nouveau jour
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Je me suis dit qu'il valait mieux en rester là...

Traduttore, traditore.

Bises à toi.
(Article spécialement dédié à Fanfan - deux fois fan - et à celle qui à nul mot n'est indifférente.)


Pierre-René Legrand


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